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Loisirs - Page 10

  • Un peu, beaucoup, aveuglément - L'équipe du film

    C'est sur ses terres d'origines, au 27ème étage de la lumineuse Tour Oxygène, que le désormais réalisateur Clovis Cornillac a chaleureusement accueillit les journalistes et photographes pour son long métrage "Un peu, beaucoup, aveuglement". Sortie en salles prévue le mercredi 22 avril. 

    Critique du film à venir.

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    De gauche à droite : Lilou Fogli, Clovis Cornillac, Clara Passeron (Pour le dire), Mélanie Bernier

  • BIRDY au Radiant

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    Birdy, c'est une histoire d'amitié mise à l'épreuve par les méfaits de la guerre. L'un est touché au visage, l'autre est touché au coeur.

    Après avoir envié la liberté farouche des pigeons de son quartier, Birdy est devenu l'un des leur. Birdy, c'est un symbole doux et puissant à la fois sur le besoin de communiquer sur ce que l'on a vécu et sur ce que l'on est. En tentant de faire revenir Birdy à la raison, son meilleur ami, Al, va énumérer les chapitres marquants de leur jeunesse. Nous comprenons le parti du metteur en scène, qui opte pour la vraisemblance de l'élocution d'un jeune homme issu de milieu populaire, englué dans ses émotions qui le ramènent toujours à la force de son amitié avec Birdy. Mais l'ampleur de la salle du Radiant ne prête pas à ce monologue tous les mérites qu'il devrait recevoir. Pire, on s'égare dans des phrases enchaînées trop vites, parfois peu audibles ou difficilement, qui laisse à croire qu'il nous faudrait voir la pièce une deuxième fois pour saisir davantage d'informations.

    Mais ce n'est, après tout, qu'un détail peut-être volontairement bafoué. Le plein feu est en effet sur le dernier tiers de la pièce, qui rompt le mutisme de Birdy, et offre à l'acteur une magnifique envolée théâtrale. Les scènes ne prêtent plus à certaines incompréhensions, puisqu'elles se regardent désormais. Le décor emprunte les travers d'un cliché de scène de cinéma français en misant, sinon que sur la profondeur des dialogues, sur la beauté et le sentimentalisme. Bémol supplémentaire pour l'interaction, usée par la commodité, des comédiens qui feignent de découvrir leur public et les éblouie de lumières, sensibles, légères et convenues. Birdy est semblable à l'écriture d'Emmanuel Meirieu qui joue, peut-être trop subtilement, entre la modestie d'une culture pointue et la simplicité pour toucher large.

    Birdy est définitivement une jolie œuvre revisitée, mais qui laissera les avertis sceptiques.

    Birdy au Radiant avril 2015

     

  • Exposition à L'Espace Dalì - Paris

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    L'Espace Dalì a sélectionné les œuvres de l'artiste et de 22 contemporains qui ont suivi ses traces pour nous immiscer dans son univers fantasque et irréel. Sa toile devient la rue le temps de quelques tableaux, qui s'amusent à déjouer les codes et la tradition. Nous pénétrons dans une partie du cerveau de ce génie si impénétrable, tant pour lui-même que pour ses adeptes, avec des mises en scènes faussement enfantines qui pourraient sortir de vieux contes pour enfants - soit dit en passant généralement plus destinés aux adultes qu'à leurs chérubins -. En voyant défiler les œuvres de l'artiste, aussi riches et variées soient elles dans le style et le support, la création semble puiser dans la religion et tout le mythe qu'il s'est bâti autour d'elle depuis des siècles. Elle imprègne, de manière subliminale ou sublimée, ses peintures comme ses sculptures. La mort, la justice, Dieu, la science, la faune et la flore, Dalì peint les piliers de l'équilibre terrestre en juxtaposant des mondes qui s' entrechoqueraient dans la vie de tous les jours, comme les constructions humaines et les animaux nobles et rares. Est-ce sa manière à lui de nous dire que la paix est possible puisqu'elle peut être imaginée ?

    Mais ce serait taire une vision assez négative de son parcours, que l'on retrouve dans Apocalypse 2 à propos de la maladie du contemporain et apprécié Keith Haring. Dalì semble travailler sur des jets de peintures qui laissent ensuite libre cours à ses idées. Cela rappelle les méthodes des psychanalystes avec le test de Rorschach. Il n'y a donc pas de réponses au monde, mais des multitudes de questions. L'artiste semble se chercher dans ses œuvres, et grâce à ses œuvres. Il y cache en effet sa peur de tout ce qui semble dépasser l'homme, comme l'inconscient, la maladie ou la religion. Ses interprétations personnelles sur la foi semblent nous montrer que l'ordre n'est en réalité qu'un symbole.

    Le surréaliste se plait à se représenter dans ses œuvres, il ne tire pas les ficelles de ses créations mais ce sont ses créations, et donc son inconscient, qui ont le contrôle sur lui. Il s'attache aux entrailles des personnalités célèbres plutôt qu'au domaine qu'elles symbolisent, il découpe et reconstruit à sa manière Freud, Newton, Rabelais et revisite ainsi la philosophie, la science, la littérature. Les travaux exposés participent à la place qu'occupe Dalì dans l'Histoire.

     

    Entretien avec Eric de THEVENARD, galeriste de l'Espace Dalì

     

    Qu'est ce que Dalì et particulièrement son art évoquent pour vous ?

    Le surréalisme est un art que je trouve poétique car il est essentiellement basé sur le rêve. C'est un mouvement international dont l'expression est diverse : on le retrouve au cinéma, dans les bijoux, dans le mobilier... Dali est un artiste particulièrement riche qui a réalisé environ 50 000 œuvres. Il est en réalité un surréaliste qui empreinte aux classiques par ses techniques de peinture. Son œuvre est, dans sa globalité, passionnante et expérimentale.

     

    Les œuvres de Dalì laissent-elles véritablement place à l'improvisation ou y a t-il des pensées derrières qui se confirment dans ses traits ?

    L'artiste travaille sur les deux, mais se plait surtout à laisser libre cours au hasard, comme lorsqu'il projette de la peinture sur la toile ou sur la pierre lithographique et continue,  à partir du jet projeté, à dessiner de manière plus méticuleuse afin que l'image prenne sens. Il avait pour habitude de peindre la dernière vision de son rêve pour contrer la raison qui, pour lui, est un frein à la création. Il faisait même des siestes avec une cuillère à la main et quand celle ci tombait, elle émettait un bruit qui le réveillait brusquement et il peignait alors le rêve dont il était encore imprégné. 

     

    Pensez-vous que la période assez permissive des années 60-70 a joué sur ses oeuvres ?

    Certainement, cette période est une période abondante de créations multiples. C'est une récréation pour Dalì qui s'amuse avec tous les supports et notamment la gravure sous toutes ses formes. Je vous rappelle qu'il crée des oeuvres à l'époque en tirant à l'aide d'une arquebuse contenant une cartouche d'encre sur une pierre lithographique afin de travailler sur l'impact ainsi obtenu pour commencer sa lithographie. Ce dernier medium est d'ailleurs aussi une manière pour lui de diversifier ses publics, car la gravure est moins chère qu'une peinture.

     

    "Dalì fait le mur" jusqu'au 15 mars 2015 Espace Dalì - Paris