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Lolita, Lumière de ma vie, feu de mes reins

Lolita, Vladimir Nabokov

 

Autre livre de l'été pour un tout autre genre.

lolita.jpgLectrice avertie par l’éventuelle gène que ce livre pourrait occasionner, je me suis tout de même adonnée à la lecture du best seller du romancier russe. En effet, la quatrième de couverture est explicite : ces 500 pages qu'effleurent vos doigts propres et innocents ne sont pas moins que le récit de l'union incestueuse d'une jeune fille de 12 ans et de son beau père. Le roman se parcourt du point de vue interne, dans la peau d'Humbert, quadragénaire dont les traits anguleux et le regard noir ont un effet d'attraction quasi immédiate sur la gente féminine. Mais à part quelques relations insignifiantes qui n'ont qu'unique but de combler dans l'instant un manque affectif et relationnel cuisant, l’auteur est habité par un vice redoutable : une passion exacerbée pour celles qu'il appelle les nymphettes, ces jeunes filles encore marquées par l'enfance et à l'aube de leur féminité. Les préadolescentes de notre époque. Sa vie est donc en apparence tout a fait saine, car son vice n'est pas l'objet d'acte érotique sinon de brèves pensées au fil de ses journées.

Jusqu'au jour où il rencontre Dolorès, intimement rebaptisée Lolita, jeune brunette fougueuse à la personnalité bien trempée. Il épouse donc sa mère qu'il conquiert aisément, lui permettant ainsi de vivre un amour interdit avec sa dulcinée. Si l'on se réfère au portrait bien plus aguicheur de Lolita que le cinéaste Stanley Kubrick met en scène en 1962, elle serait l'élément déclencheur de ce passage à l'acte, du dépassement de la frontière entre pensées et action. Mais il en résulte quelque chose de bien plus complexe. Une rencontre entre deux âmes solitaires totalement vidées par leur vie, entre un homme qui n'a jamais pu aimer et une jeune fille prisonnière de la cage dorée moralisatrice et restrictive de la haute société. Plus qu'une histoire faite d'expérience nouvelle, cette relation va devenir le bol d'oxygène qu'ils attendaient tous les deux. Le sentiment d'un drame imminent est alimenté par la succession des événements qui s'en suivront.

Le roman, porté par une beauté de la syntaxe et un suspense retentissant, évite la perversion et le jugement. Cette écriture, qui rompt avec les tabous sociaux, humanise presque un narrateur qui tente de noyer sa culpabilité par des repentances adressées aux jurés de son subconscient. Lolita est un récit passionnant et puissant, à lire d'une traite et sans attendre.

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