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  • Motopoétique au MAC de Lyon

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    La liberté est universelle. Et la recherche de cette sensation l'est aussi. Le MAC de Lyon présente une exposition centrée exclusivement sur la moto. Elle nous initie, que l'on soit simple amateur ou converti, à un univers sensible et poétique.

     

    Nous découvrons les entrailles de cet objet de culte dès le premier plateau d'exposition, disposées sur une table telle une salle opératoire. Nous parcourons sur trois étages les clichés et les expériences d'une série de personnes à travers différentes parties du globe, ayant comme point commun un fort attrait pour ce véhicule à deux roues.Nous sommes alors amenés au coeur du sujet et ce dès les premiers pas.

    Tout au long de l'exposition, nous voyons comment les différents artistes ont cherché à sublimer par touches personnelles tout ce qui se rapporte à la moto. Oeuvres tantôt prosaiques, avec des accessoires tels que les casques, les gants, les gilets, mais dans un décor toujours recherché. Tantôt aériennes par des vidéos hors des contraintes spatio-temporelles, en décalage avec le monde extérieur : une fois cramponné aux guidons d'une moto, l'homme est coupé de la réalité, du monde, de ses différences, et ne forme qu'un avec le paysage. En groupe, l'unité est la même. 

     

    Motopoétique aborde également d'autres sujets liés à ce domaine, tels que le type de la pin-up, jeune femme légèrement vêtue, qui devient le fantasme collectif de toute une génération de motards. On retrouve cela dans l'aviation des années 40 avec le noze art. Mais la moto, c'est également se soucier des autres, partir à l'aventure, s'oublier, tester ses limites, les enfreindre parfois. Il y a une vidéo des plus symbolique qui met parallèlement en scène un groupe de chanteurs de gospel afro américains et une femme sur une moto dans le désert. L'unité est de retour, retranscrite par des chanteurs en choeur et par cette personne qui se lie avec le sable qui frotte sur sa moto, de la force de leur voix et de la puissance du moteur, de ce sentiment que l'espace d'un instant, d'une minute, d'une heure, ils sont en vie.

     

    Motopoétique porte admirablement bien son nom. L'exposition définit l'art de s'échapper, de prendre la route, au sens propre ou en tant que conviction morale, en créant un univers autour d'un moyen de transport pour certains, et d'un art de vivre pour d'autres.

     

     

  • Extrait - L'hopital, un projet commun

    CHAPITRE 3

     

    Le lendemain, en cours de français, Madame Vidal prit la parole :

    « - Comme vous l’avez sans doute remarqué, mademoiselle Aviakan est absente ce matin. Bien que le délégué soit habituellement en charge de remettre les devoirs aux élèves, j’ai trouvé cela plus pratique qu’un membre de sa famille vienne directement les lui apporter. »

    "Alex" ais-je aussitôt pensé.

    « -Mais, Madame, l’interrompais-je brusquement, à quoi cela sert-il de les remettre à un élève qui n’est pas dans la même classe ? Il ne peut pas entendre les commentaires des professeurs, constater notre avancée dans un chapitre, pourquoi ne pas s’en remettre directement à l’un d’entre nous ?

    - Et bien, mademoiselle Duprey, répliqua-t-elle autoritairement, je l’ai expliqué il n’y a pas deux minutes.

    - Oui, la famille, tout ça. Mais ça me semble assez étrange que ce ne soit pas quelqu’un de notre classe, insistais-je lourdement.

    - Puisque vous vous inquiétez tant au sujet de votre camarade, vous n’aurez qu’à allé voir de vous-même monsieur Alexandre Posat en classe de 3ème B pour lui indiquer les détails des devoirs donnés. Bien, continuons. Nous allons faire une dictée. »

    Des « oh non », « oh merde », « fait chier » jaillissèrent bruyamment.

    « - Et ce n’est pas avec ce vocabulaire que vous allez me faire changer d’avis, bien au contraire ! »

    J’étais frustrée par la froideur avec laquelle Madame Vidal m’avait répondu, ne faisant rien pour la nuire au quotidien comme s’évertuent à le faire les trois quarts de la classe, voulant qu’elle pose sa démission pour cause de dépression. Mais une chose me rendait le sourire. En fait, deux. La première était que mon plan avait marché en étant choisie pour remettre aux côtés d’Alexandre les tâches à faire de la semaine à ma pauvre blessée. La deuxième, et il en va de soi, est de savoir que je passerai les prochaines fin de journées avec lui. 16h45 sonnèrent, l’heure que j’attendais avec impatience ! Ayant des amis dans la classe d’Alex, je savais dans quelle allée il finissait sa journée. Je me dirigeai vers sa rencontre, le cœur planant au dessus de ma tête avec une cordelette invisible nouée à mon poignet.

    « - Marine ! Marine ! »

    Je me retournais, surprise.

    « - Ah Nicolas, ça va ? fis-je d’un ton enjoliveur.

    - Oui super, et toi ? Ca fait longtemps qu’on ne s’est pas vus, depuis le jour du contrôle de physique...

    - ...Sans doute le plus important du trimestre, je sais, je sais. Ne m’en parle même pas, ce fut une catastrophe.

    - Ouais, moi aussi ! S’écria-t-il dans l'allée B. »

    Face aux regards froids, il reprit de plus belle en chuchotant, le sourire aux lèvres :

    « -Ouais, moi aussi. »

    Je lui raconta la tentative de totalitarisme qu’essaya d’établir madame Vidal en ce jour du 3 avril 2009. Il me fit des yeux de merlan qui me firent rire de plus belle.

    «  - Elle a du sortir en boite et rencontrer l’amour de sa vie... Avancais-je, le doigt posé contre mon menton en tentant d’imiter un air réveur.

    - La boîte devrait sacrément investir dans des spots de meilleure qualité ! »

    Je ris encore. C’était simple, comme amitié. Tout en nous dirigeant vers la sortie en continuant sur les hypothétiques raisons de ce changement si soudain de caractère, j’en oublis de rejoindre Alexandre. Enfin, ce jusqu'à ce qu'il passe devant moi, en m’esquissant à la volée un petit sourire, fossettes apparentes. Vous avez dit craquant ? Hé ! Il faut que je lui dise pour notre mission commune !

    «  - Nico, je dois filer, on se voit plus tard, à plus ! M’écriais-je, déjà assez loin pour ne pas entendre sa réponse.

    - Heu, ouais, à plus... »

    Voyant une tête blonde gigotée vers la porte faisant office d’entrée et de sortie, je m’écriais-je :

    « Alex ! »

     

    J’eu droit aux mêmes regards noirs que Nicolas. C'est curieux de voir comment les gens réagissent dès lors qu'ils sont contrariés dans leur confort personnel, écouteurs branchés ou regards rivés sur leur dernier modèle téléphonique. Et d'autant plus face à un élan vocal aussi charmant, vous pouvez tousser, que le mien. 

  • Le sourire

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    Naissant sur le coin de nos lèvres, 

    Formant des rides appréciables,

    Il devient notre masque contemporain

     

    Quiconque fera le don de cette pliure vertueuse,

    Se verra offrir des fleurs 

    La rosée, la froideur et les mots

    Ne semblent plus atteindre nos vices

    Qui jadis creusaient profondément

    Un trou de dégout viscéral

    Une déjection de fleurs pales

     Sur nos douces et lentes vies.

     

     

    Photographie : Pakayla Biehn